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La Bolivie demande l’aide internationale

J’apprends ce matin, vendredi 3 février par internet (non, rassurez-vous, pas par les médias français fidèles à leur ligne de conduite de dénigrement de tout pays qui ose défendre les intérêts du peuple) qu’à la suite de violentes intempéries, la Bolivie a fait appel en début de semaine à l’aide internationale. Plusieurs régions et départements , 4 départements sur 9, en fait, soit presque la moitié du  pays, sont touchés par des inondations et des averses torrentielles qui ont « transformé en lacs  des plantations de canne à sucre et de soja » et devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois . D’après le directeur de la défense civile bolivienne, près de 34 000 familles sont affectées par ces intempéries et 13 000 d’entre elles ont perdu leur logement et leurs plantations.

C’est ce qu’on peut appeler un désastre. Mais, quoi, la Bolivie, c’est loin, et on a mieux à faire en France qu’à s’occuper de ça : il est tombé quelques flocons dans des régions où il ne neige pas tous les hivers, quelques automobilistes qui partaient en vacances ont dérapé sur le verglas, quelques skieurs pratiquant le hors-piste au mépris de toutes les règles de prudence, ont été victimes de leur comportement irresponsable, un alpiniste à la recherche de sensations fortes s’est perdu dans l’Himalaya, tout ceci est bien plus important qu’une catastrophe naturelle, dans laquelle l’homme n’a aucune responsabilité, dans l’un des pays les plus pauvres du monde...

Les seuls, comme toujours, à avoir répondu  présent dès mercredi, sont les Cubains, qui ont déjà envoyé 140 médecins de la brigade Henry Reeve, spécialement formés aux situations de désastre,15,7 tonnes de médicaments, 299 sacs à dos et 20 maisons de campagne. Que fait la France ? Rien. La France qui a reçu le mois dernier le président Evo Morales lorsqu’il n’avait besoin de rien, feint à présent d’ignorer dans quelle situation dramatique se trouve le peuple bolivien. Mais on sait bien que l’intérêt du peuple est le dernier souci de ces gens-là qui préfèrent les réceptions officielles aux actions humanitaires. D’ailleurs, pourquoi la France aiderait-elle le peuple bolivien alors qu’elle n’est pas capable de financer dans son propre pays la recherche publique, l’aide aux plus démunis, la Sécurité Sociale pour tous ?

Pourtant, souvenez-vous, la France n’est pas toujours aussi insensible et les médias de toutes sortes se sont mobilisés à l’occasion du tsunami, l’année dernière. Certes, il s’agissait bien  là d’une catastrophe pour l’Indonésie. Mais qu’en est-il de la Bolivie ? Est-ce qu’on doit seulement se mobiliser à partir d’un certain nombre de morts ? La détresse du peuple bolivien est-elle moins réelle que celle des populations touchées par le tsunami ? Personnellement, j’avoue ne pas saisir la différence, quoique... oui, finalement, j’en vois une et si pour moi, il ne s’agit pas d’une différence pertinente, je crains fort qu’il n’en aille autrement pour les autorités de notre cher et beau pays :parmi les victimes du tsunami se trouvaient quelques touristes français...

Françoise Lopez